Tempos du monde

Voici un festival dont la programmation en pleine nature nous fait littéralement rêver.
Au menu, des découvertes musicales délicieuses donnant à connaître un peu mieux les cultures du monde qui nous entourent et des moments de consécrations et de joie transcendante rien qu’à l’écoute des noms en tête d’affiche, en l’occurrence, Tiken Jah Fakoly et… l ’immense chanteur Bonga   ! Petit tour de piste des régalades à venir !


Bonga, c’est la voix qui danse sous la pluie, celle qui accroche un sourire même à la tristesse. 40 albums à son effectif, chantés en portugais et en angolais, en plein les musiques du Cap vert, du Brésil et de l’Afrique. Vous l’avez forcément entendu, lors d’un « Sodade » en duo avec Cesaria Evora ou dans le film « Chacun cherche son chat  » de Cédric Klapish. Sa voix grave, abrasive est un monument de la musique africaine.
A 80 ans, il nous donnera à constater que la grâce n’a ni âge, ni frontière.
Tiken Jah Fakoly n’est plus à présenter. Porte-parole de la voix africaine et franco-africaine, ce maitre du reggae ivoirien use de la musique comme d’une arme. Artiste engagé, il dénonce les politiques internationales, fédère les peuples, sans perdre le groove, la joie, le tout porté par la ferveur de la résistance. Menacé de mort parce qu’il en disait trop, l’artiste a dû s’exiler de son pays pour continuer à semer l’espoir et la clairvoyance à travers le monde.

Bonbon Vodou est un duo qui nous rappelle les subtilités minimalistes des Zap mamas. Un peu d’Afrique, de Réunion, de bouteilles plastiques en guise de percussions et d’autres objets du quotidien, trouvés ici et ailleurs, fusionnent avec deux voix cristallines. Un moment tout doux, à savourer comme un bonbon, c’est le cas de le dire.
Ecouter une chanson de Francis Cabrel version funk, électro et reggae dub jamaïcain, ça vous tente ? Biga est un phénomène international, adopté même par les exigeants MC jamaïcain. Son univers très personnel, même s’il se permet quelques reprises, ne copie strictement personne. C’est de l’authentique, de la création et ça promet de ne pas laisser le public assis sur une chaise.

Le Raï et les souffles de l’Orient trouvent parfaitement leur place dans ce festival inspiré, avec la voix sublime du chanteur algérien Sofiane Saïdi. Entouré de son groupe de musicien baptisé Mazalda, l’artiste mêle électro et sons traditionnels. Du mystique, des sons endiablés enverront le public danser en plein les dunes du Sahara. Un véritable voyage, presque immobile – il est inévitable de vibrer en écoutant ça -, à ne pas manquer. Nous, on y sera.
C’est l’artiste sénégalais Lass qui sera chargé de clôturer ce superbe événement et c’est un véritable «feu d’artifice » comme le précise les organisateurs. Idéal pour terminer en beauté donc, au son des rythmes électros et afropop de ce chanteur à la voix transcendante, puissante et rare. Il sera question de danser, oui, et même de s’envoler.
Un festival qui demandera, une fois passé, un certain temps pour atterrir.
Bon vol !
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