Le temps d’aimer la danse : libérer les mouvements et les rêves

L’édition 2022 du festival Le temps d’aimer la danse a vraisemblablement été imaginée comme un grand bol d’air à verser dans le cœur des gens. Ici, plus de frontières perdantes, de morosité silencieuse, de désir contenu : trente compagnies venues d’ici et d’ailleurs sont invitées à danser sur nos heures du 8 au 18 septembre, à Biarritz.

La programmation est éclectique et son fil rouge, s’il en fallait un, pourrait être l’ardeur ou l’envie irrépressible de créer et de danser. Ballets, expositions, conférences, ateliers, cours de danse publiques en plein air, projections donneront à vivre l’art chorégraphique sous toutes ses formes. Les univers classique, néoclassique, contemporain, traditionnel, hip-hop seront représentés par des compagnies venues du monde entier, choisies avec minutie et élégance par le directeur artistique du festival, Thierry Malandain. Biarritz sera le décor principal des festivaliers mais des spectacles auront également lieu à Bayonne, Anglet, Mauléon, Saint-Pée-sur-Nivelle, Bardos, Saint-Palais et Saint-Jean-Pied-de-Port en partenariat avec la Scène nationale Sud-Aquitain, l’Atabal et la médiathèque. 

Le festival lèvera ses rideaux avec le Ballet Preljolcaj et le Ballet de l’Opéra de Bordeaux, réunis autour de Mythologies, une création ambitieuse d’Angelin Preljolcaj dont la partition musicale originale est signée Thomas Bangalter (Daft Punk).  Martin Harriague – qui nous a subjugué avec le ballet Sirènes – présentera Starlight, une création introspective conçue pour le festival vendredi 9 septembre. On retrouvera le travail détonnant et poétique de ce chorégraphe jeudi 15 septembre, cette fois en collaboration avec le collectif Bilaka et le compositeur Stéphane Garin autour de l’œuvre Guernica. Mercredi 14 septembre, Samir Calixto donnera sa version de l’opéra baroque Didon et Enée. Ce chorégraphe qui nous a souvent hypnotisé propose un travail à fleurs de peau, conscient que les lumières les plus intenses se voient mieux depuis l’ombre. Samedi 17 septembre, les aficionados pourront aussi admirer la flamboyante Eva Yerbabuena dans la création Desde mi ojos, du chorégraphe Juan Krus Diaz de Garaio Esnaola, en coproduction avec la Biennale de Flamenco de Séville. D’ailleurs samedi, le choix sera cartésien. Le rappeur Killason présentera le Wolf show à l’Atabal, une performance musicale et dansée. Mêlant son rap à la danse hip-hop tous deux puisés dans le monde des battles, ce ballet introspectif « invoquera le loup solitaire » pour représenter la faim artistique du chanteur. Les rideaux du festival se refermeront comme des paupières sur un rêve. À Saint-Palais à 17 h, Mozart à deux et Beethoven 6, deux ballets signés Thierry Malandain, évoqueront successivement l’état amoureux puis la nature. À la Gare du Midi à 21h h, Sidi Larbi Cherkaoui présentera deux œuvres envoûtantes de son répertoire : Faust et Noetic, dansées par le Ballet du Grand Théâtre de Genève. 

On ne peut pas tout citer ici. Il faut plonger les yeux dans le tourbillon de ce riche programme, suivre son intuition, entrer en mouvement pour rejoindre les salles du festival. S’étonner d’y trouver de l’air. Credit photo@Olivier Houeix

Le temps d’aimer la danse
Du 8 au 18 septembre
https://www.letempsdaimer.com/