Certifié Mado

En tournée pour son nouveau spectacle, Noëlle Perna sera de passage à Bayonne, le 25 octobre 2020. Avec son célèbre personnage haut en couleurs, elle s’attaque à tous les sujets, avec tendresse, humanité, mais surtout, sans aucun tabou.
Comment va Mado la niçoise dans ce 5e spectacle ?
Elle va très bien et elle est encore plus Mado que jamais puisque c’est du « certifié Mado ». C’est du pur jus ! Dans ce spectacle, elle se sert du prétexte du courrier des lecteurs pour apporter des réponses aux questions que les gens lui posent, et à celles qu’on ne lui pose pas. Son coeur est toujours le même, elle est là pour encourager les gens.
Cela fait trois décennies que vous jouez ce personnage, comment parvenez-vous à le renouveler ?
Spectacle après spectacle, on tend vers un aboutissement. Le personnage évolue bien dans son temps en traitant les sujets d’actualité et les problématiques de notre quotidien. Elle s’adapte avec sa verve et son esprit facétieux.
Mado est un personnage inoxydable, comment expliquez-vous sa longévité ?
Elle se renouvelle en permanence. Dans nos vies, c’est pareil, si on ne change pas de perception, si « on ne boulègue pas » comme on dit chez nous, on est vite à la ramasse. Mado, c’est comme vous et moi, elle est obligée d’évoluer. Elle n’est pas dans l’air du temps mais elle perdure car elle est au-delà des modes. Elle transmet des valeurs de vie qui sont immuables.
Comment cette Niçoise a-t-elle conquis le coeur des Français partout dans l’hexagone ?
Parce qu’elle est bien au-delà, le niçois n’est qu’un prétexte. Le dénominateur commun partout où je passe, dans toutes les régions ; c’est l’humain. Si on ouvre l’humanité qui est en nous, on la fait résonner en la personne qui se trouve en face.
C’est ça, la vraie mission de l’artiste : ouvrir le cœur des gens. C’est ce je recherche toujours à faire.
Mado nous amuse sur tous les sujets, a-t-elle des sujets tabous ?
Elle s’exprime sur tous les sujets ; la mort, la politique… Ce qui compte c’est l’intention, veut-on diviser les gens ou les rassembler ?
Peut-on encore rire de tout aujourd’hui ?
Oui bien sûr, sinon nous serions dans une dictature. Il existe bien sûr une censure mais elle existe à la télévision, pas dans les salles. À la télé, les responsables ont toujours peur de se faire attaquer sur tous les sujets, par tout le monde. Heureusement la scène reste un véritable espace de liberté. On peut parler librement et s’emparer de tous sujets.
Quelle est la part de Mado en vous ?
Elle est beaucoup plus libre que moi, plus culottée. Je me sers de son culot sur la scène tout en donnant un sens aux choses. Car ce qui compte surtout, c’est l’humanité du propos, bien au-delà du bon mot ou de la vanne.