Carmen à Biarritz

Avec la participation des grands élèves du Conservatoire en fin de cursus et des chœurs d’enfants, aux côtés des musiciens et choristes de l’ORBCB pour un final magistral, avec au programme l’œuvre de Bizet, Carmen, version de concert.

D’après l’œuvre de Prosper Mérimée, Carmen est une princesse aux pieds nus, une femme moderne, que le compositeur Georges Bizet pare d’une musique éblouissante, à la puissance tragique. Passions impossibles, liberté et vengeance emplissent instruments et voix.

Cette œuvre vaut pour moi un voyage en Espagne. […] C’est un exercice de séduction, irrésistible, satanique, ironiquement provoquant. C’est ainsi que les anciens imaginaient Eros.
Je ne connais rien de semblable en musique.

(Nietzsche, dans Le cas Wagner)

Ecrit sur un livret de Meilhac et Halévy d’après la nouvelle éponyme de Prosper Mérimée, Carmen est un opéra-comique en quatre actes composé par Bizet en 1875, quelques mois avant sa mort. Faisant alterner scènes chantées et dialogues parlés, l’ouvrage est une tragédie passionnelle qui évoque le destin tragique de Carmen, une jeune bohémienne, femme libre et séductrice, frappée à mort par Don Jose, fou de jalousie d’avoir été délaissé pour le torero Escamillo. La violence de l’intrigue et la nature du drame, jugé immoral, expliquent en partie l’échec relatif que rencontra l’œuvre à sa création. Après la mort de Bizet, son ami le compositeur Ernest Guiraud remplaça les passages parlés, caractéristiques de l’opéra-comique, par des récitatifs.

Carmen est aujourd’hui l’opéra français le plus joué dans le monde. Il sera interprété lors de cette représentation dans une version de concert, légèrement écourtée. Celle-ci permettra de retrouver les pages les plus célèbres de la partition, parmi lesquelles le Prélude introductif, extraordinaire résumé du drame, la fameuse Habanera de Carmen, ou encore la Chanson du Toréador, moment de bravoure dans lequel Escamillo, intrépide et fougueux, conte, non sans orgueil, ses exploits face au taureau.

«  L’Espagne n’a rien produit d’aussi espagnol que Carmen », déclara le compositeur Manuel de Falla. Partition riche, à l’orchestration inventive, Carmen renferme en effet de nombreuses pages au caractère fortement hispanique : Habanera, Séguédille, Chanson Bohême

Le dernier entracte symphonique est un véritable tableau flamenco : les couleurs modales, les formules mélodiques, le rythme, l’orchestration (castagnettes, tambour de basque, pizzicatos évoquant la guitare…), tout concourt à offrir un splendide spectacle hispanisant.

Julie Charles, professeur de culture musicale

Dimanche 10 juin 2018 à 17h00  Gare du Midi, Biarritz